Sur la scène de l’AccorHotels Arena, ce 4 décembre 2018, Damso clôturait son Lithopédion tour. Last but not least. Récit (subjectif) en cinq temps forts. L’œuvre dark Il prévient : sur les 18.000 spectateurs venus l’applaudir, seule une poignée reconnaîtra ce morceau qui ne figure dans aucun de ses trois opus. C’est un simple freestyle sur les ondes de Générations, posté ensuite sur la chaîne Youtube du média, qu’il va interpréter maintenant. “Peur d’être sobre.” “Freestyle“, c’est presque insultant comme terme pour désigner ce titre. Son œuvre d’art, si obscure qu’on pourrait créer juste pour elle le néologisme “œuvre dark”, s’apprête à bouleverser pour la première fois ceux qui ne se sont pas égarés jusque-là dans les limbes d’Internet. Les quelques heureux égarés savent déjà la puissance émotionnelle inestimable, inestimée, de ces 4 minutes. Et comme le prévoyait l’artiste, ils sont peu à l’accompagner. Le reste de la foule est silencieuse de respect pour la voix blessée d’un Dam..
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Sur la scène de Bercy, Damso a prouvé sa grandeur à cinq reprises

Sur la scène de l’AccorHotels Arena, ce 4 décembre 2018, Damso clôturait son Lithopédion tour. Last but not least. Récit (subjectif) en cinq temps forts.

L’œuvre dark

Il prévient : sur les 18.000 spectateurs venus l’applaudir, seule une poignée reconnaîtra ce morceau qui ne figure dans aucun de ses trois opus. C’est un simple freestyle sur les ondes de Générations, posté ensuite sur la chaîne Youtube du média, qu’il va interpréter maintenant. “Peur d’être sobre.”

Freestyle“, c’est presque insultant comme terme pour désigner ce titre. Son œuvre d’art, si obscure qu’on pourrait créer juste pour elle le néologisme “œuvre dark”, s’apprête à bouleverser pour la première fois ceux qui ne se sont pas égarés jusque-là dans les limbes d’Internet. Les quelques heureux égarés savent déjà la puissance émotionnelle inestimable, inestimée, de ces 4 minutes. Et comme le prévoyait l’artiste, ils sont peu à l’accompagner.

Le reste de la foule est silencieuse de respect pour la voix blessée d’un Damso qui crache ses questionnements désespérés dans son micro. “Comment font-ils pour ne pas boire autant que moi ? Comment font-ils pour ne pas pleurer autant que moi ?” Captivé toute la chanson durant, l’auditoire se ranime à la dernière note. Longs applaudissements. Émerveillé par le live, sans s’arrêter de taper dans ses mains, un futur cliqueur compulsif me demande entre ses claps si je peux lui “rappeler le titre de ce morceau incroyable.”

Bruxelles vit

Un synthéthiseur sur pied. Et rien, ni personne sur scène. Est-ce qu’une scénographie si sobre, est-ce qu’un instrument inanimé, simplement posé, avait déjà tant fait hurler une salle ? Mais qui dit synthé, dit Angèle qui s’installera dans quelques secondes derrière. D’où la foule en délire. Le public de son mentor l’a adoptée depuis le temps pas si lointain où elle assurait les premières parties de la tournée Ispéité.

Angèle envoûte la fosse, apaisée par ses premières vibes sur Silence, la seule collaboration de l’album Lithopédion. Le binôme belge s’accorde et se répond d’un bout à l’autre de la scène. Angèle reprend un couplet à l’habitude rappé par Damso, et Damso le reprend en poussant vers le chant et l’univers d’Angèle. L’échange artistique des deux talents nous enseigne la définition belge de la grâce.

Un peu d’Amsterdam à Bercy

Angèle pour Silence, puis Vald pour Vitrine, jusqu’au final explosif sur Rêves Bizarres avec Orelsan. Les prestigieux guests s’enchaînent et Kalash déboule à son tour avec son hit lunaire aux presque 200.000 millions de vues.

Vue des gradins, la fosse semble être montée sur ressort. Du carré or au dernier rang du balcon, on saute aussi, crie et snappe le refrain frénétique. Mwaaka Moon en live, ou la seule kush qui provoque une montée rapide d’excitation.

Peur d’être père, fier d’être fils

Il avait peur d’être père, le voilà fier d’être fils. Et d’offrir à ses parents présents dans la salle comble ce spectacle XXL. Il le leur dédie entièrement : les “Vies” en l’air, les dizaines de milliers de billets vendus, les t-shirts trempés des pogoteurs, les applaudissements qu’il réclame à répétition. Tout ça, c’est pour eux. On les imagine installés dans leur siège de la salle symbolique, bouleversés face à leur fils, sur scène et sur écrans géants.

Rappeur connu, être humain anonyme

“Je pleure que de l’intérieur pour que mes soucis se noient” assurait-il dans sa plus poétique métaphore. Mais est venu ce moment du concert qu’il redoute, celui d’interpréter Amnésie qu’il s’était pourtant promis de ne jamais livrer au public, car trop intime, et Damso, enfin… William Kalubi, “l’être humain anonyme”, se révèle. Renfermé, figé, son corps tout entier semble encore traumatisé par l’erreur d’adolescent raconté en deux couplets. Il ne bouge que ses lèvres, et encore. Il n’arrive pas à prononcer ses propres paroles. Les plus dures sont backées par le public qui ressent l’émotion de leur star mise à nue.

Il fallait être là ce soir-là. Ne serait-ce que pour entendre 18.000 voix se caller parfaitement et lancer à l’unission le “À tout à l’heure” fatal. Et Damso a pleuré de l’extérieur.

Damso en pleine interprétation d’Amnésie hier lors de son Bercy

pic.twitter.com/91HzV1YK6v

— HipHopReverse (@HipHopReverse) 5 décembre 2018

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