French hip hop singer MC Solaar performs during the 23rd Victoires de la Musique annual ceremony, France's top music award, on March 8, 2008 in Paris. Solaar won the best urban music record of the year award. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY / AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
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OMG GEEK

Top 5 All Time by Nubo

Quand on a proposé de présenter nos tracks favoris, j’avoue que j’ai trouvé l’exercice aisé, que dis-je c’était une aubaine, une opportunité de montrer et démontrer que je connaissais du classique, vous savez, ces morceaux qui ont façonné l’image du R-A-P, cet inconditionnel que seuls les « vrais » connaissent. Car à force de mariner dans cet univers la majeure partie de mon temps, il y avait de quoi être confiant. Eh bien Non ! Le constat de mon inaptitude à maintenir une liste pendant juste une demi-journée s’est rapidement imposé comme une évidence. Procédant par élimination selon un ensemble de critères (forme, fond, concept, contexte, originalité, bla bla bla), il m’était difficile (voire étrange) de me plier aux exigences de cette expérience.

X en premier, Y en second et que faire de Z ? Non, décidément je n’y arrivais pas. Dépité, j’ai opté pour une approche adjacente; exit le suspense crescendo voici des compositions qui sans particulièrement être des classiques (quoique) restent et demeurent mes incontournables.

1-  MC Solaar – Qui sème le vent récolte le tempo

Zoxea en disant «Aujourd’hui beaucoup t’écoutent mais peu te comprennent » était loin du compte. Vers le milieu des années 90, j’écoutais les échos d’un nouveau genre musical sans rien y comprendre. En fait je ne savais même pas de quoi il s’agissait. Je me berçais juste des mêmes références que mes aînés qui se calaient autour d’un BoomBox pour écouter des mix cassettes. Par mimétisme, je proférais naïvement des « yeah », « yoo », « yooorrrr », » jump jump » … Car il faut dire que cette nouvelle façon d’être et de faire avait du charme. Puis vint ce jour fatidique où mon grand frère Manga Nziemi, pensionnaire du lycée bilingue de Yaoundé rentra au caveau familial  avec un texte griffonné sur un bout de papier. Amateur de prose et de poésie, il avait recopié le texte dans le but de l’étudier. Curieux comme presque tout garnement, je pris le bout de papier(à son insu) et en étudia le contenu. Avec la compréhension grammaticale limitée d’un gamin d’à peine une dizaine d’années, je vous laisse imaginer  le choc. Compliquée, cette première ‘vraie’ introduction au Rap a bien failli rester sans suite. Persévérant, je consacra une bonne partie de mon temps d’alors à réciter et mémoriser cette œuvre: « Qui sème le vent récolte le tempo ».

Claude MC m’introduisit au R-A-P. Paradoxalement, l’utilisation de toutes ses figures de style, tout en finesse ainsi que ses expressions recherchées, n’y facilitèrent pas mon intégration. D’où ma stupéfaction quand je vis le clip et me rendit compte que l’auteur de cet assemblage de mots qui rimaient bien ensemble du genre : «C’est du rap liquide fluide crée par un druide un peu speed/ Qui file comme un bolide pour ne pas faire un bide/ du rap d’attaque qui frappe, épate, matraque et patraque/ plus de sang tu claques je suis MC des Carpates» était en fait………… Africain. De quoi planter le décor.

 

2-  DMX – Who We Be

« Who we be » est le premier titre de rap made in USA dont j’ai globalement saisi la trame après maintes écoutes. Ce qui s’avéra être décisif pour la compréhension de cet art dont j’aspirais à faire partir du cercle d’initiés. Il faut aussi reconnaître que la structure particulière du texte a été d’une grande aide. Je parlais, citais, clamais Rap Us mais la réalité était que je me limitais (encore) à une quelconque parodie qui frôlait souvent le ridicule. Avec le handicape de la langue ainsi que la barrière culturelle, je ne saisissais rien aux subtilités de tous ces artistes qui déferlaient à l’écran, pire encore quand je les captais par les ondes hertziennes. Et même si les clips jouaient leurs rôles de facilitateurs avec plus ou moins de réussite, c’était parfois frustrant de laisser le soin à mon imagination de colmater les brèches. « Who we be » est tombé à pic. Simple,limpide, précis, je tournai mon focus sur le fond. Dans son style rugueux désormais légendaire, le Dark Man distille grâce à une diction percutante la rudesse du quotidien telle que vécu par sa communauté. Un régal amer.

3- AK SANG GRAVE – Fait quoi Fait quoi

Plus nourri aux productions occidentales, j’écoutais furtivement les finitions locales tant il m’était difficile de m’en procurer ou de m’y intéresser. J’étais plus au fait du Positive Black Soul, c’est dire. Il faut comprendre, il était difficile à moins de connaître un tel connaissant un autre tel qui à son tour était lié avec un gars de l’ombre, de tomber sur ces rares sésames. Mon équation va changer avec  Ak Sang Grave et leur titre « Fait Quoi Fait Quoi ». Cette séquelle va me propulser au banc des abonnés des centres culturels où se produisaient les différents talents (dans des conditions souvent précaires) et faciliter mon intégration à une scène en ébullition. Pour une fois je pouvais aussi citer fièrement le texte de précurseurs qui ne se trouvaient pas de l’autre côté de l’atlantique. A travers ce trio fini les frasques mythomaniaques et place de mesure en mesure à une réalité plus familière.

4- THE PHARCYDE – Drop

Alors celui-là c’est juste spécial. J’avais rarement vu un clip aussi craqué. Avec humour, je prenais ces gars de Pharcyde pour des extra-terrestres. La fin c’est le début et vice versa? Juste incompréhensible mais tellement singulier pour ne pas dire révolutionnaire. D’ailleurs quand mes parents me surprenaient à regarder ce genre de clips (et il y eut un paquet par la suite), j’avais droit à une session de remontrance tant ils étaient perplexes sur l’impact de ces choix musicaux insolites. Des gars qui se roulent par terre, se dévêtissent, zigzaguent, sautent avec une gestuelle syncopée dans des vêtements trop larges qui leurs procurent une allure de jeunes errants sans but ne sont sûrement  pas des modèles pour des adolescents se disaient-ils. Le mythique J.Dilla, l’imaginatif Spike Jonze et les talentueux Pharcyde ont signé une œuvre pour la postérité. Jugez plutôt.

The Pharcyde (from left to right, Tre “SlimKid3” Hardson, Romye Robinson, Emandu “Imani” Wilcox and Derrick “Fatlip” Stewart) backstage at KMEL’s Summer Jam in July 1993 in Mountain View, Calif.

 

NUBO

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Written by Nubo

Fun and Ballsy........

One Comment

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  1. Ça m’a ramené vraiment en arrière surtout surtout cette musicalité d’ak sang grave, krotal, serval et bien d’autres dommage qu’elle ait laissé place au chant peace and love de la génération Mr Leo ( j’aime aussi cette vision de la musique qui se veut uniforme et universelle) , j’aimais écouter français, américain et surtout ce mélange de Camerounais a la bantu posi

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