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Top 5 All Time by Sum Buck

« Délire »

Le décor est planté.

Sum Buck est mon pseudonyme, en cette fin d’année 2017 avec des frères camerounais, nous nous sommes donnés la mission d’ajouter notre pierre à l’édifice, de la musique camerounaise en général mais aussi de la scène hiphop.

Urbantu, une combinaison d’Urban et Bantu, est donc né de ce désir. Pour la première parution, notre tâche à chacun sera de décrire son background en présentant les 5 sons qui ont le plus influencé sa personne. Moi j’ai décidé d’en choisir selon des moments précis de mon existence, ceux-là qui sont arrivés piles poils à des périodes cruciales. En gros ce ne sont pas obligatoirement mes artistes du « all time Top 5«, mais leur impact a été assez considérable pour être mentionner. 

Throwback… nous écrivons l’année 1992, la CRTV est au summum de son audience chez les jeunes grâce à l’avènement de l’émission Délire.

Ça a été ma toute première expérience avec la musique urbaine, moi, habitué à écouter les musiques camerounaises comme le makossa, le bitkusi ou encore les musiques country, funk et reggae que mon père passait en boucle religieusement chaque soir sur son vieil lecteur cassette audio… d’ailleurs dès que tu t’en approchais, il s’empressait de te gronder : « Ne touches pas à ma radio « … oui le père, i can’t touch this… 

 

5-  MC HAMMER – U Can’t touch this (Please Hammer Don’t Hurt ‘Em, 1990)

Sous influence de Foly Dirane, j’ai donc découvert la musique dite urbaine, des jeunes camerounais et des groupes de musiques, dont j’ai oublié le nom, jusqu’au jour où presta un jeune garçon un son inoubliable : U can’t touch this.

 

Mc Hammer fût la révélation, et comme à peu près pour tous les jeunes de cette génération, ce fût tel un boomerang. Les sonorités étaient nouvelles, les vêtements étaient différents, tout un nouveau style vestimentaire et des chorégraphies à couper le souffle… Oui j’étais calé.

Faut déjà avoir en focus qu’on vivait l’avènement du câble (par exemple MCM) et des cinémas ambulants (cineclubs avec leur katika) au Cameroun. En congé à Douala pendant les grandes vacances, un soir en zappant avec mes cousins, on tomba sur MCM qui passait des sons urbains en boucle. Un artiste aux tresses longues, fin comme un ewondo, dans un clip qui utilisait pour l’époque une technique assez particulière, le morphing. Nous étions subjugués, tellement en extase que nous sommes directement allez ledit soir chez un voisin DJ du quartier demander si il avait le son : what’s my name de Snoop Dogg. Bref pour dire que la télé et le câble était les vecteurs principaux de mon éducation musicale.

Je me souviens qu’à la fin des cours nous nous essayions à la break dance après avoir tout le weekend triche les piches à la télé. Aucun jour ne passait au lycée sans que à la moindre occase, on fendait les cours pour aller voir des Films de rappeurs comme New Jack City ou encore CB4, sans oublier Juice ou Poetic Justice où je fis la découverte d’un mec fort sympathique et talentueux …

 

4-  TUPAC – Temptations (Me Against The World, 1995)

Mea Culpa… j’ai découvert Tupac d’abord par le cinéma avant de découvrir son talent énorme de rappeur. Déjà vacciné à la Gansta Rap, je n’avais pas encore l’oreille affinée pour capter l’intelligence des lyriques, mais bon Tupac arrivait à pic. Son flow et surtout sa prestance impressionnaient le jeune que j’étais et le différenciaient des autres. « Temptations » est mémorable pour moi, car déjà habitué et amoureux de la funk (par mon père), le beat que Easy Mo Bee avait concocté, a eu sur moi l’effet du ERU avec un bon piment. J’étais subjugué non seulement par cet assemblage de sonorités funky mais aussi par l’aisance de Tupac sur le beat. Tout simplement un régal pour mon ouïe.

C’est la toute première fois, que je me suis posé la question de « Comment fait-on des beats ». Ceci fût le déclic et le début de l’amour que je porte à ce jour à la production musicale.

La cassette de l’album « Me Against the World », je l’avais payée avec argent soutiré dans le porte-monnaie de maman… sorry la mater. #GangstaStyle

C’était l’époque d’or du HipHop, une pléiade de jeunes artistes talentueux se dévoilait devant nous, tout admiratifs, par le biais de la télé et la radio. Je citerais Coolio, Erick Sermon, Outkast, le Wu-Tang, Notorious, Puff Daddy, Nas, Dr Dre, Easy E … Eh oui tout le Compton se résumait pour moi en un cube …

 

3-  ICE CUBECash Over Ass

BAM ! En début d’adolescence, l’album War and Peace était … Trompettes … le tout premier CD que j’ai acheté. Eh oui. Ice Cube nous fascinaient. Sa colère, ses frustrations vis-à-vis de la société et ses mots crus nous parlaient moi et mes amis de lycée.

Cash Over Ass reste ancré dans mon ADN car ce fût le son de toutes mes premières expériences en tant que jeune adolescent, allant des premières copines aux premières sorties en boite de nuits etc. C’était l’hymne de ma rébellion. Cependant bien sûr l’école avait pris un coup, on voulait se la jouer Gangsta et ceci même avec nos professeurs et le personnel du lycée qui en ont bavé.

En même temps nous étions á la porte du deuxième millénaire, l’an deux mille cognait à la porte et amena avec lui un étrange phénomène : l’internet et du Web 1.0 c’est par ce billet que je m’informais sur ice cube ainsi que tout le monde de la westcoast. 2000 fcfa pour 15mins d’internet… un peu cher noon ?

Ayant eu mon Bac, les études me contraignent donc à sortir du Cameroun, je déposai donc mon sac dans une ville d’Allemagne, Mannheim, et presque simultanément un son sorti de nulle part et eu un impact tellement important pour moi, qu’une dizaine de pages ne pourrait l’expliquer mais peut être des cents…

 

2-  50 CENT – In da Club (Get Rich Or Die Tryin’, 2003)

In da club est, comment pourrais-je l’exprimer, la découverte d’un nouveau monde, ceci n’est pas un euphémisme. En même temps je découvrais un nouveau continent, de nouvelles mœurs, de nouvelles méthodes de communication, l’internet haut débit, l’opulence dans sa perversion, en même temps je pouvais quantifier et absorbé de tous mes sens le hiphop. Des chaines de musiques en s’en mordre les doigts, MTV, Viva, MCM etc. etc. Et en rotation le son rap des années début 2000 sans doute… 50 Cent avait pris le dehors. Comment se procurer cet album ? Ah oui les torrents… j’en abusai

(Disclaimer : achetez la musique des artistes c’est ça qui leur permet de vivre).

Ce son est essentiel au plan musical pour moi, car il a eu la touche de Dr. Dre à son summum. Grâce à ce son et aux possibilités nouvelles que m’offrait l’Europe, je me suis acheté mon tout premier laptop où j’installa Fruity Loops(un outil de production musicale) et guess what… mon tout premier beat que j’ai essayé de reproduire a été In da club. Je le suivais sur tous les nouveaux réseaux, Myspace, hi5 etc. etc… Le bon vieux temps lol Mon éducation vestimentaire HipHop s’est faite à l’exemple de 50. Des Durag aux Timberlands en passant par les chaînes en or, montres, snapbacks, bagguis et bagues, j’y ai laissé une petite fortune.

Les hivers se succédèrent donc et la réalité de Mbeng me rattrapa.

Loin de la famille, les difficultés de la langue et l’expérience du racisme ambiant me poussa à écouter des artistes plus sombre, plus profond dans la recherche du travail artistique. J’avais l’impression que mon monde s’effondrait, that’s all falls down….

 

1-  KANYE WEST – All falls down (College Dropout)

Je me rappelle encore déambulant les rues de la ville de Kaiserslautern, sous la neige qui tombait à flot, les pieds, les mains et le visage gelés. Le ventre creux et les yeux lourds encore du manque de sommeil, après une nuit blanche à réviser le cours qui avait lieu dans quelques minutes. La seule essence qui me permettait d’avancer fût sans aucun doute l’album « College Dropout » de Kanye West que je crois avoir écouté plus de 300 fois… En particulier le son All falls down.

Dans ce son avec la sublime Syleena Johnson, Kanye dépeint la société de consommation, ceci me parlait a 100% je venais d’un continent ou l’insouciance est reine et la consommation dans sa perversité quasi inexistante. J’étais en plein dedans, loin du nid douillet des parents, les factures à payer, en manque de cash, obliger de sortir la nuit travailler pour pouvoir payer mes études, d’ailleurs le matin très tôt j’avais généralement cours à l’université.

Je me sentais donc en symbiose, compris et surtout moralement en compagnie de Kanye. C’est indubitable, All falls down m’a fait découvrir un autre moi, plus fragile, plus anxieux, un jeune seul au milieu de nulle part qui a survécu grâce au hiphop.

Conclusion

Voici dont ma compréhension du devoir que nous devions rédiger : « Citer 5 sons qui nous ont marqué «.

Ces 5 sons ont marqué des étapes décisives de ma vie, qui ont fait de moi ce que je suis. Je crois au déterminisme, et je puis dire sans ambages que le Rap/Hiphop a changé ma vie, m’a déterminé. Je ne saurais conclure sans ajouter HiiPower du sensationnel Kendrick Lamar qui a été aussi d’un apport non négligeable dans la finition de mon processus… Mais bon on a dit 5 sons peut être aurait je l’occasion d’en parler bientôt dans d’autres articles.

IT’S HIP HOP YA DIG!

SUMBUCK

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